Bobby Charlton, le Sir du football
Sir Robert (Bobby) Charlton est né le 11 octobre 1937, à Ashington (Northumberland, Angleterre). Ce fils de mineur est le plus grand footballeur anglais des années 1960-70 et peut-être même le plus grand de l’histoire du foot anglais.
Pur gaucher et merveilleux technicien, Bobby Charlton a débuté à l’aile avant de se repositionner en meneur de jeu, poste auquel il brilla de mille feux.
Il a passé la quasi-totalité de sa carrière (17 saisons) au sein du club mythique de Manchester United (606 matches de Premier League et 198 buts), où il connut de grands succès mais aussi la plus grande tragédie du football anglais : le 6 février 1958, le bimoteur Elizabethan de la British European Airways, s’écrase à Munich en bout de piste avec, à son bord, l’équipe de Manchester United qui vient tout juste d’arracher sa qualification pour les demi-finales de la Coupe d’Europe, face à l’Étoile rouge de Belgrade. Bilan : 23 morts, dont 8 joueurs qui étaient promis à un avenir doré, comme le génial Duncan Edwards, 21 ans…Charlton est un des rescapés avec le gardien Harry Gregg. Il en sera marqué à jamais.
Son frère Jacky, était également un grand footballeur (aussi bien par la taille, 1,86m, que par le talent) jouant au poste de stoppeur. Il fut également international.
Bobby Charlton faisait partie des Bubsy Babes, jeunes talents de Manchester United formés au club puis intégrés à l’équipe première dirigée par Matt Busby, afin de reconstruire l’équipe en cette époque d’après-guerre. Après avoir été repéré en 1953 par M.U., il signe son premier contrat professionnel en octobre 1954. Avec lui, on trouve notamment Duncan Edwards, également un très grand espoir du club. Charlton est intégré à l’équipe première en 1956 et remporte le championnat 56-57 sans être cependant titulaire. Manchester devient ainsi le premier club anglais qualifié pour la coupe d’Europe des clubs champions.
Cette première campagne européenne sera malheureusement marquée par la tragédie du crash de Munich en février 1958, évoquée plus haut. Outre Duncan Edwards, Roger Byrne, Tommy Taylor, Eddie Colman, David Pegg, Liam Whelan, Mark Jones et Geoff Bent y laissent la vie…
Charlton refoule les terrains à peine 3 semaines après le crash. Le mois suivant, il marque contre l’Écosse pour sa première sélection (4-0) Il marque par deux fois face au Portugal en amical (2-1), puis revient à Belgrade pour disputer un match face à la Yougoslavie. L’Angleterre se fait écraser 5 buts à rien. Il fait partie de la sélection pour le mondial 1958 en Suède, mais bizarrement ne jouera pas une seule minute. Charlton inscrit des buts fantastiques et époustouflants avec la sélection et il continue de briller aux éliminatoires de la Coupe du Monde 1962. L’Angleterre échoue finalement en quarts de finale, face au futur vainqueur, le Brésil de Pelé.
A Manchester, Charlton a été repositionné en position de demi offensif (meneur de jeu) suite au crash de Munich. Et il fait parler sa technique, sa vision de jeu affûtée et son énorme frappe de balle qui lui permettent de marquer beaucoup de buts notamment. Le club se reconstruit rapidement et remporte la Cup en 1963, face à Leicester (3-1). Le club se renforce avec de grands talents comme Denis Law, arrivé en 1962 et le jeune George Best, formé au club intégré à l’équipe première en 1963, à l’âge de 17 ans. Charlton remporte avec Manchester deux nouveaux championnats après celui de 1957 (1965 et 1967).
En 1966, le tournoi mondial se déroule en Angleterre, une occasion à ne pas manquer. L’équipe anglaise possède dans ses rangs des grands joueurs accomplis : Gordon Banks, Jacky Charlton, Bobby Moore, capitaine de cette sélection, Geoffrey Hurst ou encore Roger Hunt.
L’Angleterre gagne ses premiers matches sans briller. Charlton inscrit un but en poule face au Mexique (2-0). Le déclic vient en demi-finale, face aux redoutables portugais emmenés par Eusebio, meilleur buteur de la compétition avec 9 buts. Charlton inscrit un doublé et offre par là même la victoire à son pays (2-1), Eusebio réduisant le score sur penalty. En finale, les britanniques rencontrent la R.F.A, avec un certain Franz Beckenbauer, 20 ans, révélation du tournoi en tant que milieu défensif, qui sera au marquage de Charlton durant la rencontre. Menés au score après un quart d’heure de jeu, les anglais égalisent par Hurst à la 18e, puis prennent l’avantage à la 78e minute par Peters. Mais Weber égalise pour la RFA à la 89e, provoquant ainsi une prolongation. A la 101e minute, Geoff Hurst, encore lui, envoie le ballon sur la barre transversale, ballon qui rebondit près de la ligne de but, puis dégagé par un défenseur allemand. Le but est accordé sur l’avis du juge de touche et malgré les protestations des allemands, qui se feront crucifiés sur une contre-attaque par Hurst (dans les arrêts de jeu) qui s’offre ainsi un hat trick. C’est donc fait, les anglais sont enfin champions du monde, leur seul titre jusqu’à présent.
La même année, Bobby Charlton remporte le Ballon d’Or, devant Eusebio et Beckenbauer. Il est au sommet de son art et après la consécration en sélection, c’est avec Manchester United qu’il s’illustre enfin au plus haut niveau. En 1968, Charlton retrouve Eusebio en finale de Coupe d’Europe, Manchester affrontant le Benfica Lisbonne. Capitaine Charlton ouvre le score à la 53 e minute. Avantage de courte durée puisque Graça égalise à la 75e. Les deux équipes disputent donc des prolongations. Des prolongations dévastatrices pour le club portugais qui encaisse 3 buts en 6 minutes (Best, Kidd, Charlton). Le succès est total… ou presque. Cette même année, l’Angleterre, sans Charlton blessé, échoue en demi-finale de l’Euro face à la solide Yougoslavie (1-0, Dzajic). Les anglais obtiendront toutefois la 3e place aux dépens de l’URSS.
En 1969, Bobby Charlton est fait Officier de l’Empire Britannique pour services rendus au football anglais. Il dispute sa 4e coupe du monde en 1970, à 32 ans. Les anglais retrouvent les allemands de l’ouest en quarts de finale. Alors que les anglais mènent 2-0, Charlton est sorti pour être ménagé. La RFA l’emporte 3-2…Cet échec poussera Charlton à abandonner la sélection, après avoir inscrit 49 buts en 106 matches, record toujours en cours.
Charlton quitte Manchester (249 buts en 758 matches toutes compétitions confondues) en 1973, qui luttait alors contre la relégation, pour Preston North End (1973-75), en 3e division où il fut entraîneur-joueur puis termine sa carrière à Wateford en 1976. Il est fait Commandeur de l’Empire Britannique.
Bobby Charlton est maintenant directeur technique et sportif pour le club mancunien, et a appuyé bon nombre de candidatures sportives que ce soit pour la ville de Manchester (J.O) ou pour l’Angleterre (organisation de la coupe du monde en 2006) ainsi que la candidature de Londres couronnée de succès pour les J.O de 2012.
Joueur très talentueux, au fair-play qui inspire le respect, Bobby Charlton a été la pierre angulaire de la reconstruction de Manchester United après le terrible crash de Munich. Il était un très grand buteur doté d’une très grosse frappe de balle, et un passeur hors pair grâce à une excellente vision de jeu et une très bonne technique, assez peu inhabituelles dans un championnat anglais très rugueux. Il a également mené la sélection anglaise à son seul et unique titre majeur en 1966 avec la Coupe du Monde. Trois championnats, une Cup et une Coupe d’Europe des clubs champions avec Manchester, son palmarès n’est peut-être pas aussi fourni qu’il l’aurai mérité. Un ballon d’or 1966 qui lui, était entièrement mérité, il échouera deux fois à la deuxième place du classement en 1967 et 1968.
Un très grand joueur par le talent et la classe, un vrai gentleman anobli en 1994. Sir Bobby, permettez moi de vous faire une révérence.

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