Di Stefano : le Divin Chauve
Alfredo Di Stefano est né le 4 juillet 1926 à Buenos Aires d’une famille italienne immigrée en Argentine. De nationalité argentine, il est naturalisé espagnol en 1956. Il fait partie des plus grands joueurs de l’histoire du football en compagnie de Pelé, Cruijff et Maradona notamment. Pelé le place même au-dessus de lui.
Di Stefano fut sans aucun doute le joueur le plus complet de l’histoire avec un palmarès impressionnant en club. En effet, il pouvait évoluer à peu près partout sur le front de l’attaque (il évoluait en pointe au début de sa carrière) et au milieu de terrain. Il arrivait à superviser les trois lignes de son équipe pendant un match (défense-milieu-attaque), servi par sa clairvoyance et sa condition physique exceptionnelles.
Il possédait une technique hors norme et un instinct de jeu inégalé. Di Stefano laissait préfigurer ce que serait le football total avec l’ère de Cruijff, une quinzaine d’années plus tard.
Di Stefano était également le symbole d’un football sans frontières, international, universel. Il a ainsi défendu les couleurs de trois sélections au cours de sa prodigieuse carrière : celle de l’Argentine (6 sélections, 6 buts), de la Colombie (4 sélections) et de l’Espagne (31 sélections, 23 buts). Malheureusement, il ne participera jamais à une Coupe du Monde…
Di Stefano fait ses débuts à River Plate, dont son père était co-fondateur, en 1945. Il rejoignait ainsi La Máquina (surnom donné à la fameuse ligne d’attaque du club) composée, entre autres, de Felix Loustau, Angel Labruna ou encore José Manuel Moreno. Il joue peu pendant la première saison, et il est prêté au club Huracan en 1946. Il revient à River Plate en 1947, et remporte le championnat et le titre de meilleur buteur en inscrivant la bagatelle de 27 buts en 30 matches. Cette même année, la sélection argentine remporte la Copa América sous l’impulsion des attaquants de River Plate. Di Stefano inscrit 6 buts en autant de matches durant cette compétition. Di Stefano est un avant-centre notamment caractérisé par sa vitesse fulgurante à l’époque, ce qui lui vaudra le surnom de « la Saeta rubia« , la flèche blonde.
Suite à une grève des joueurs en Argentine, Di Stefano fait ses valises pour la Colombie en 1949. Il rejoint les Millonarios de Bogota et remporte 3 titres de champion en 4 ans et une coupe nationale. Il loupe la Coupe du Monde au Brésil en 1950, l’Argentine ayant refusé de participer.
Lors d’une tournée en Espagne, il est repéré par de nombreux clubs européens, dont le FC Barcelone et le Real Madrid. Santiago Bernabeu, mythique président du club dont le stade porte désormais son nom est ébloui et souffle finalement le joueur sous le nez du Barça (avec vraisemblablement le coup de pouce du dictateur Franco, fan du Real, qui intervient alors que les deux clubs rivaux se disputent le joueur jusque devant la justice).
La « Flèche Blonde » intègre donc le Real Madrid en 1953. Sa condition physique est déjà époustouflante à l’époque. Durant les onze saisons passés au Real, il dispute 684 matches (292 de championnat) pour 454 buts (267 en championnat). Il remporte avec le Real, 8 titres de champion d’Espagne, une Coupe d’Espagne en 1962 et 5 Coupes d’Europe des Clubs Champions d’affilée (1956-1960) ! Dont deux contre Reims, l’une face à Raymond Kopa, l’autre avec le français à ses côtés. Avec Ferenc Puskas, ils forment un trio magique. A titre personnel, il termine 5 fois meilleur buteur (pitchitchi) et inscrit 49 buts lors de la totalité de ses participations à la Coupe d’Europe des Clubs Champions, record qui restera longtemps inégalé. Il remporte aussi le Ballon d’Or à deux reprises (1957 et 1959).
Il loupe également la Coupe du Monde 1954, l’Argentine ne s’étant pas qualifiée et la FIFA l’ayant déclaré non apte étant donné qu’il avait été également sélectionné avec la Colombie. En 1957, alors que Di Stefano est naturalisé depuis un an, l’Espagne échoue à se qualifier pour la Coupe du Monde 1958. Il se blessera juste avant la Coupe du Monde 1962, marquant ainsi la fin de sa carrière internationale.
En 1963, à Caracas, il est kidnappé par des révolutionnaires vénézuéliens. Deux jours plus tard, il est relâché sans la moindre égratignure. On ne s’attaque pas à une légende.
Il termine son étincelante carrière à l’Espanyol Barcelone de 1964 à 1966.
Par la suite, il entraîne le Real Madrid (1982-1984), Valence (remportant une Coupe des Coupes en 1980), et le Rayo Vallecano. Il s’exile également au Portugal, entraînant le Sporting (1974-75) et retourne aussi en Argentine entraîner Boca Juniors et River Plate, les deux clubs phares.
Il est sacré Superballon d’Or France Football en 1989.
Depuis novembre 2000, il est Président d’Honneur du Rel Madrid.
Alfredo Di Stefano est pour nombre de spécialistes le joueur le plus complet et accompli de l’histoire du football moderne. Il maîtrisait tous les compartiments de jeu et toutes les positions sur le terrain à merveille, et avait beaucoup d’avance sur son époque, annonçant le football total qui n’arriverait que 10 ou 15 ans plus tard. Joueur emblématique du grand Real des années 1950, il s’est illustré en tant que grand buteur avec un sens du but et une précision devant les cages hors du commun. Mais il a aussi été un très grand capitaine, servi par son omniprésence sur le terrain que lui permettaient sa condition physique et sa technique hors du commun.
La Flèche Blonde a filé, devenant le Divin Chauve, et divin il le restera certainement dans la galaxie du ballon rond.

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