Franz Beckenbauer est né le 11 septembre 1945 à Munich. Surnommé le « Kaiser » (l’empereur), il en a la classe et la prestance. Il acquiert ce surnom en 1968 lorsqu’il pose devant le buste de l’empereur Guillaume II après un match amical à la demande d’un photographe. Il a régné à sa manière, faisant partie des meilleurs joueurs du monde de sa génération et devenant le meilleur joueur allemand de l’histoire.

Beckenbauer possédait un rayonnement et une influence sans pareil, lui qui occupait le post de libéro avec une grande classe. De ce poste d’ultime rempart de la défense, sorte de tour de contrôle,  il pouvait diriger au mieux les phases d’attaque en première intention et aussi mener les phases défensives de main de maître.

Fils d’un postier et d’une mère au foyer, Franz débute le football au SC Munich 1906 et doit signer au Munich 1860 alors qu’il n’est âgé que d’une douzaine d’années. Sauf que lors du derby entre les deux équipes, il reçoit une claque d’un joueur adverse. Par orgueil, Franz ira donc au Bayern Munich.

A 13 ans il intègre le club bavarois, et il débute assez tôt sous les couleurs du Bayern, mis en confiance par l’entraîneur yougoslave Tchaïkowski. Il se fait notamment remarquer en marquant un doublé pendant la saison  1963-1964 peu de temps après avoir intégré l’équipe première, qui monte dès la saison suivante. A l’époque il évolue au poste de milieu de terrain ou parfois d’ailier.

Il intègre la sélection nationale à 20 ans et éblouit tous les observateurs à la coupe du monde 1966 par son intelligence de jeu et sa technique sans faille au poste de demi (milieu relayeur). La RFA échouera en finale face à l’Angleterre, le pays organisateur. En 1966, il remporte son premier trophée,  la Coupe d’Allemagne avec le Bayern et enchaîne en 1967 avec une nouvelle coupe nationale et une Coupe des Coupes, son premier titre européen.

Mais Tchaïkowski, l’entraineur du Bayern, s’aperçoit que Franz n’a pas vraiment le physique d’un milieu de terrain relayeur ou latéral et il envisage de le replacer à un poste plus adapté. Il va en faire un libéro et sa vision du jeu et ses qualités de relance en font le candidat idéal.

Beckenbauer occupe ce poste dès 1968 et il devient la plaque tournante de l’équipe, et son intelligence de jeu fait merveille lors des phases de construction notamment. Il n’hésite pas non plus à faire parler ses atouts offensifs en relançant avec brio n’hésitant pas à s’aventurer dans le camp adverse par de longues chevauchées. Il marque même des buts magnifiques. Il est également un très bon tireur de coup franc.

Les années 70 sont la consécration pour le Kaiser. Il remporte 4 titres de champion d’Allemagne avec le Bayern entre 1969 et 1977 (1969, 1972, 1973 et1974) deux nouvelles coupes nationales en 1969 et 1971. Il s’illustre également lors de la Coupe du Monde 1970. La RFA se venge de la finale perdue de 1966 en battant l’Angleterre en quarts de finale (3-2 avec un but de Beckenbauer). En demi-finales, la RFA affronte l’Italie et ce fut certainement l’un des plus beaux matches de tout l’histoire de la Coupe du Monde. Mené très tôt dans le match, la RFA pousse irrésistiblement en seconde période. Lors d’une de ses chevauchées fantastiques, Beckenbauer est fauché et se démet l’épaule. Les deux changements règlementaires ayant déjà effectués, il se résout à rester sur le terrain le bras en écharpe. La RFA égalise dans les arrêts de jeu ; la prolongation complètement folle (5 buts en 20 minutes !) verra l’Italie s’imposer 4-3. La RFA finit à la 3e place de la compétition.

En 1972, il emmène la sélection nationale au titre de Champion d’Europe. La même année, il remporte son premier Ballon d’Or. Et la coupe du monde 1974 organisée en Allemagne approche. Le peuple allemand espère enfin le titre après les 2 dernières éditions où la RFA a terminé 2e et 3e. Franz Beckenbauer remporte avec le Bayern la Coupe d’Erurope des Clubs Champions la même année et arrive donc plein de confiance en Allemagne.

L’équipe peut compter sur de très grands joueurs, outre Beckenbauer, comme son serial buteur Gerd Müller, le gardien Sepp Maïer ou encore le meneur de jeu Günter Netzer. La RFA s’incline pourtant dès le début face à la RDA considéré comme une modeste équipe. Beckenbauer prend de plus en plus d’importance dans la stratégie de l’équipe et éclipse même le sélectionneur. Il va mener cette équipe jusqu’à la finale, face aux Pays-Bas de Cruyff, très impressionnants depuis le début de la compétition. Cruyff, muselé par Berti Vogts, la RFA s’offre la victoire (2-1). Le Kaiser est enfin sur le toit du monde.

Beckenbauer remporte à nouveau la Coupe d’Europe des Clubs Champions en 1975 et 1976 avec le Bayern. 1976, année durant laquelle il remporte son second Ballon d’Or. Cependant l’année 1976 sera ternie par un échec à l’Euro en finale face à la Thécoslovaquie.

Il part alors pour 4 ans aux Etats-Unis, aux New York Cosmos, rejoignant ainsi Pelé. Son exil entraînera la fin de sa carrière internationale avec la sélection en 1977 (103 sélections dont 50 comme capitaine, 14 buts). Il remporte 3 championnats avec les Cosmos. De retour au pays en 1980, il remporte le championnat en 1982 avec le Hambourg SV et effectue une dernière pige aux Cosmos en 1983.

En tant que sélectionneur de l’Allemagne, il emmènera la Mannschaft deux fois en finale, celle perdue contre l’Argentine de Maradona (1986) et celle gagnée en italie devant cette même Argentine (1990). Il aura ainsi participé à 4 finales en 5 participations en tant que joueur et sélectionneur !

Il accepte en 1990 de devenir entraîneur de l’OM de Tapie mais il se retire rapidement quand il s’aperçoit que sa marge de manÅ“uvre est beaucoup trop réduite. Il arrête ici sa carrière d’entraîneur, bien qu’il prit les rênes du Bayern très brièvement par la suite.

Il est président du Bayern Munich depuis 1994 et président du conseil de surveillance du club depuis 2002. Son aura est toujours aussi importante et il possède une grande influence dans son club de coeur mais aussi sur la scène internationale, il avait d’ailleurs brigué le poste de président de l’UEFA dans le même temps que Michel Platini.

Une technique parfaite, un placement très précis, Beckenbauer était très fort dans les un contre un. Il était également un excellent dribbleur et un passeur hors pair, il maîtrisait notamment avec génie l’extérieur du pied. Il laisse l’image d‘un joueur très complet. Un très bon défenseur qui participait énormément aux phase offensives de son équipe. Un sens tactique très poussé également du fait de sa vision de jeu extraordinaire. Un grand joueur et aussi un grand sélectionneur avec un palmarès incomparable. Le règne du Kaiser est marqué d’une pierre blanche  dans l’Histoire du football.

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