Puskás, le major galopant
Ferenc Puskás (né Ferenc Purczeld Biró) est né le 2 avril 1927 dans le quartier de Kijpest (ou Kispest)à Budapest (Hongrie) et décédé dans cette même ville le 17 novembre 2006.
Il est sans aucun doute le meilleur joueur hongrois de l’histoire et fait partie des plus grands footballeurs de tous les temps.
Doté d’un pied gauche extraordinaire, Puskás excellait dans les dribbles en contre-pied et possédait une vitesse de frappe impressionnante.
Il possédait un sens de l’animation offensive et un sens du placement exceptionnels. Il était également excellent face au but, grâce à une capacité de démarquage et une efficacité phénoménales. Il a notamment inscrit 84 buts en 85 sélections, et 514 buts en 529 matches de championnats hongrois et espagnol.
Ferenc Puskás signe sa première licence à Kijpest, à l’âge de 10 ans, où il se retrouve avec Jószef Boszik notamment. A l’âge de 14 ans, il débute en junior puis en équipe première à 16 ans et à 18 ans il intègre l’équipe nationale de Hongrie. En 1948, le club de Kijpest de Budapest, accaparé par le ministère de la défense hongrois devient le Budapest Honvéd (Honvéd signifiant « défenseur de la patrie »). Le club devient donc celui de l’armée pour simplifier…Et les joueurs recrutés au club sont promis à des grades d’officiers. C’est ainsi que le club attire les meilleurs joueurs hongrois de l’époque comme Kocsis, Czibor, Grosics…
Puskás termine meilleur buteur du championnat à 4 reprises (avec notamment 50 réalisations lors de la saison 1947-1948) et remporte 5 titres de champion de Hongrie avec le Honvéd (1949, 1950, 1952, 1954, 1955) en sept saisons.
Puskás est fait commandant mais il est pourtant surnommé le « Major Galopant ». A la fois capitaine de Honvéd et de l’équipe nationale hongroise, Puskás évolue au poste d’inter gauche (attaquant gauche, à bien différencier d’ailier gauche qui est plus excentré).
Cette sélection hongroise est considérée comme la plus merveilleuse de l’histoire avec celle du Brésil de 1970…C’est dire le potentiel qu’elle possédait à l’époque. Avec ses amis de la sélection, Puskás s’illustre d’abord en remportant les JO d’Helsinki en 1952. Un an plus tard, le 25 novembre 1953, les Magyars ridiculisent l’Angleterre à Wembley ! Une vraie leçon de football : 6-3 (!), avec un doublé de Puskás. Lors du match revanche, à Budapest, l’Angleterre prend encore une déculottée…7-1. Et le gouvernement communiste de l’époque ne se prive pas de cet instrument de propagande servi sur un plateau…
Cette équipe de Hongrie est invincible : 32 matches sans défaite dont 28 victoires. La Hongrie est donc fort logiquement favorite de la coupe du monde 1954 en Suisse. En poule, ils écrasent la Corée du Sud 9-0, puis la RFA 8-3, qui avait aligné l’équipe réserve considérant le match perdu d’avance. Puskás se blesse lors de ce dernier match et ne revient que pour la finale. La Hongrie dispose difficilement du Brésil en quart puis de l’Uruguay après prolongation en demi-finale sur le score de 4-2 à chaque fois. Les Magyars arrivent donc en finale fatigués de leur parcours face à nouveau à la RFA qui a hérité d’un parcours plus aisé. Mais la Hongrie retrouve son capitaine, Ferenc Puskás, à peine remis de sa blessure. Il ouvre pourtant la marque à la 6e minute, d’une frappe du gauche, rapidement imité par Czibor (8e). Pourtant l’avantage est de courte durée. Les allemands reviennent au score deux minutes plus tard puis égalisent 10 minutes après par Helmut Rahn. Ce même Rahn crucifie les espoirs des Magyars à 6 minutes de la fin…La si impressionnante équipe hongroise est battue. C’est un vrai drame en Hongrie.
En 1956, une insurrection éclate en Hongrie contre le despotisme soviétique et les chars russes envahissent le pays pour écraser cette révolution. Malgré les événements, le Honvéd se rend tout de même en Europe pour une tournée, mais le nouveau gouvernement institué par les soviétiques ordonne le retour des joueurs. Deux seulement (dont József Bozsik) obtempèrent immédiatement. Les joueurs qui reviennent en Hongrie assez rapidement (Bányai, Rákóczi, Faragó, Budai II, Kotász, …) sont alors suspendus pendant trois et six mois. Ferenc Puskás fait le choix de la liberté et refuse le diktat des dirigeants communistes après avoir appris que sa femme et ses filles avaient pu rejoindre clandestinement l’Autriche (Vienne) à pied.
Il effectue un essai à l’Espanyol Barcelone, dans le même temps la Juventus et le Milan tentent de le recruter mais fin 1956, la FIFA déclare le club de Honvéd hors-la-loi et Puskás est désormais considéré comme un banni et un déserteur. Il est suspendu dix-huit mois à la demande de la fédération hongroise. Privé de son travail, il vit misérablement dans un camp de réfugiés en Autriche où il a rejoint sa femme et son fils, avec pour tout soutien financier les mandats que Laszlo Kubala, qu’il avait croisé au cours de sa carrière, lui envoit de Barcelone, où il s’était réfugié dès 1951. Puskás sombre dans l’alcool et prend une bonne vingtaine de kilos. Le major galopant devient bedonnant. Une fois sa suspension écoulée, il tente de reprendre le football en Italie mais les clubs sont rebutés par son âge (30 ans) et son poids. C’est alors que l’ancien entraîneur du Honvéd, Emil Osterreicher, désormais directeur technique du Real Madrid, le sort du trou, pour le faire jouer rien de moins qu’aux côtés des Di Stefano, Kopa, Gento et compagnie.
Accueilli avec » un grand scepticisme voire avec méchanceté » (dixit Kopa), Ferenc s’entraîne très durement pour retrouver une condition physique digne de ce nom. Il perd 18 kilos en 6 semaines et va réaliser le plus formidable come-back de l’histoire sous les couleurs du Real. Il se mue en attaquant de pointe exclusif avec une réussite sans commune mesure.
Le public est conquis et le surnomme « Sancho« et « Canoncito Poum« . Avec le Real, il décroche 5 titres de champion et 2 Coupes d’Europe des Clubs Champions.
La consécration arrive en 1960, à Glasgow, lors de la finale de Coupe d’Europe des Clubs Champions : 7-3 face à l’Eintracht Francfort. Un triplé de Di Stefano, pourtant éclipsé par le quadruplé de Puskás !! Il inscrit 35 buts en 39 matches avec le Real cette année-là …Et échoue de peu dans la conquête du Ballon d’Or (2e place).
Il termine quatre fois meilleur buteur du championnat espagnol (pichichi) et finit même par adopter la nationalité espagnole pour disputer le mondial 1962 avec la sélection ibérique, sans succès malheureusement. Il subit également deux défaites en finale de Coupe d’Europe face au Benfica d’Eusebio et face à l’Inter.
Puskás porte le maillot du Real jusqu’en 1967 et met un terme à sa carrière à 40 ans, ayant inscrit 324 buts en 372 rencontres avec le club espagnol.
Quelques années plus tard (en 1971), il revient en finale de la Coupe d’Europe en tant qu’entraîneur du club grec du Panathinaikos Athènes. En dehors de cette performance, sa carrière d’entraîneur n’est pas vraiment un succès et s’achève en 1992 après 3 ans passés à Melbourne. En 1992, à 65 ans, Puskás regagne sa Hongrie natale – n’ayant même pas pu assister à l’enterrement de son grand ami Boszik en 1979 – afin de reprendre l’équipe nationale en main mais sans succès.
En 2001, le Népstadion de Budapest est rebaptisé en son honneur Ferenc Puskás Stadion. Atteint d’Alzheimer depuis déjà plusieurs années, Ferenc Puskás décède le 17 novembre 2006 d’une pneumonie.
Ferenc Puskás est sans aucun doute possible l’un des plus grands attaquants de tous les temps, possédant une effrayante efficacité devant les buts, en témoigne le nombre impressionnant de réalisations inscrites pendant sa carrière, mais il possédait également une intelligence dans le jeu offensif (démarquage, frappe de balle, sens du jeu, etc…) certainement inégalée, grâce à un pied gauche légendaire. Il a fait partie de l’une des plus performantes sélections nationales de tous les temps également, une génération dorée que la Hongrie des années 50 et a également fait partie du grand Real des années 50-60, la plus grande équipe européenne à cette époque-là . Et il a brillé de mille feux dans toutes les équipes où il est passé, forçant l’admiration, revenant de très loin après les graves événements de 1956 dans son pays. Le Major a essuyé un dernier combat, celui d’Alzheimer avec énormément de courage comme à chaque fois et il nous laisse le souvenir d’un immense joueur par le talent et la bravoure. Une légende qu’il ne faut surtout pas oublier au milieu des grands qui ont marqué ce sport.
Depuis 2009, il existe un trophée qui porte son nom, créé par la FIFA, et qui récompense le plus beau but de l’année.
Búcsúztat vkit Ferenc !

décembre 5th, 2009 at 1 h 50 min
Super article Bobby, et super destin.
décembre 5th, 2009 at 13 h 53 min
Ouais, je trouve très dommage qu’il ne soit pas aussi reconnu que Pelé and cie, même si évidemment il a gagné moins de trophées qu’eux en général et que cette époque là était moins médiatisée et a laissé moins de souvenirs que la décennie suivante par exemple. Ça n’en reste pas moins un joueur vraiment extraordinaire, pour moi le meilleur pied gauche de l’histoire, même devant Maradona. Un grand parmi les grands.